Général : Forum
Discussions et questions sur Souillac et sa région.
Souillac sur Dordogne, en Quercy Périgord
Meyronne perd son âme
Envoyé par: eiffem (Adresse IP enregistrée)
Date: mer. 24 août 2005 00:13:23

Coup de gueule contre une certaine minorité de nèo-ruraux,ces vieux parvenus de la ruralité . Avec leur fric, leurs quatre-quatre, leurs piscines, ils s'installent en colonisateurs, s'offusquant des odeurs, des tracteurs, maudissant toute présence animale , et donc néo-ruralement incorrecte, ils massacrent les chats libres, et s'en prennent aux enfants qui promènent leur petit chien sans laisse .
" Rendez-vous compte, très chère,cet animal est passé chez nous . C'est un scandale ."
Ils rêvent d'un monde aseptisé, à leur image,
de nature sans inconvénients, de campagne sans paysans, de voisins sans enfants .
Un grand parc tranquille pour mourir entre eux à petit feu.
Prenons garde, Meyronne perd son âme !

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: fernand danneville (Adresse IP enregistrée)
Date: dim. 16 octobre 2005 15:07:44

Ce qui est triste et fait vraiment mourir le LOT, c'est de voir comment les paysans ont vendu leur jolies granges (sans doute ancienne et a retaper, mais pleine de charme), aux parisiens, anglais et autres bataves, tout ça pour une bouchée de pain.

Maintenant les touristes viennent dans le LOT sans debourser un centime, ils ont une maison a eux ou bien louent des gites aux anglais ou hollandais(il y en a beaucoup des rosbeefs a saint sozy qui louent leur maison), donc les hotels et les gites des gens du cru peuvent se serrer la ceinture. Pareil pour la bouffe, les touristes vont quasiment jamais aux restaurants, ils preferent aller dans les grandes surfaces de souillac et de martel.Pareil pour l'artisanat, quand ils ne font pas appel a des etrangers installes ici (il y en a un macon anglais a martel qui travaille beaucoup en ce moment...) on sait bien qu'ils font venir des gens de chez eux pour les vacances, pour faire les travaux.
C'est exactement la definition du colonialisme : l'expoitation et la confiscation des richesses du pays par les puissances exterieures. Et maintenant les jeunes lotois ne peuvent plus se loger ou alors dans des cages a lapin construit a la va vite et qui defigurent le LOT, a tel point que bientot les touristes ne viendront plus dans le LOT.
D'ailleurs les anglais l'ont bien compris et commencent a vendre leur maison du LOT(avec d'enormes plus values bien sur) a des pigeons pour aller expoiter d'autres regions plus "authentiques"(espagne portugal, sicile, croatie.. ils connaissent bien les coins qui montent).
Alors on comprend mieux les corses et on regrette vraiment que nous les LOTOis n'ayons pas eu les couilles de faire pareil, plutot que se faire manger la laine sur le dos.

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: yronde (Adresse IP enregistrée)
Date: mar. 1 novembre 2005 22:02:34

René Yronde avait commencé en 2001 a écrire ses Souvenirs par un premier article ayant pour titre « On comble les mares adieu rainettes et libellules bleues» y compris « sa » mare de Lascoux, je commencerai ces chroniques du vingt et unième siècle par :

Les mares sont comblées, on creuse des piscines,
on obstrue les passages.

Adieu chemins ruraux !

Comme bien des nuits avant, le ciel de cette soirée d’août s’annonçait constellé d’étoiles, toujours aucun orage porteur d’une averse salvatrice. La température ayant fraîchi, le grand orchestre des petits insectes noirs entonnait comme tous les soirs son chant d’amour faisant vibrer inlassablement les rugueuses élytres. Pourtant ce soir un autre leitmotiv plus mécanique dont les vagues sonores montaient du grand champ accompagnait les grillons. Des milliers de gouttes d’eau jouaient des claquettes sur les larges feuilles chaudes de tabac. Gérard venait d’ouvrir la vanne d’arrosage et le flot du château du Grangié allait enfin rafraîchir cette terre encore brûlante et favoriser la croissance des pieds ébourgeonnés.
Depuis 1981, les terres de Mayrac, et des communes proches bénéficient grâce à l’association syndicale d’irrigation de près de 400 mètres cubes d’eau par heure pour l’arrosage de plus de 250 hectares de cultures. Sans cet immense réseau et son réservoir situé à 325 mètres, cette commune agricole aurait perdu ses agriculteurs. Pourtant cette année Gérard ne fait plus de maïs, le prix de vente a trop chuté, divisé par quatre en vingt ans alors que le litre de gasoil augmente sans cesse. Il a donc quelques hectares de tabac et le fourrage d’hiver pour les agneaux et les moutons; même la luzerne, avec la sécheresse, a bien du mal à pousser. Ses agneaux restent maigres comme les cultures non arrosées. Il envisage pour les années à venir, si ce très chaud et sec climat persiste, d’adopter des moutons à lunettes noires plus résistants ; mais pour pouvoir les reconnaître une puce électronique implantée sous leur peau sera bientôt obligatoire, une tracasserie technique supplémentaire.
Sur ce plateau de nombreuses fermes se retrouvent année après année sans maître ni capitaine, l’une d’entre elles située à Chapelle a été rachetée récemment. Trois vaillants couples de jeunes hollandais et hollandaises l’ont remis en culture et après avoir aussi déboisé, ils ont semé et récoltent uniquement de la luzerne. En effet deux grands bâtiments neufs reconnaissables à leurs couvertures métalliques et non en « éverite » abritent près de 500 caprins. Si ces nouveaux fermiers sont d’origine étrangère le lait de leurs chèvres porte lui l’appellation Rocamadour pour la fabrication de ces délicieux petits fromages ronds car la luzerne doit provenir exclusivement de ce terroir des causses et des plateaux. Ils envisagent de fabriquer eux même les Rocamadours pour ne plus seulement vendre le lait, mais l’investissement pour un labo aux normes Européennes est très important. En été des panneaux représentant une chèvre blanche vous guident à leur petit camping à la ferme proche des anciens bâtiments en pierre. Un de leurs champs de luzerne situé sur le Grand Chemin reliant le Pigeon à Pinsac par La Pierre Plantée a inspiré l’un de ces nouveaux paysans Lotois : il a installé un banc en lisière du bois pour faire profiter aux autres du magnifique panorama sur les causses, le Château de Mayrac et son église, Montvalent et son cirque. Faîtes comme moi montez-y à l’aube lorsque la vallée de la Dordogne encore paresseuse et frileuse se cache sous son édredon de nuages, le soleil à contre jour amplifie le relief des crêtes et vallons, réveillant par sa lumière délicate cette nature si contrastée. Ne soyez pas étonné d’y croiser des marcheuses bien chaussées, elles viennent d’abandonner leur maison de toile près de la ferme après un copieux « brunch » pour une randonnée qui les mènera jusqu’à Bazalque ou bien au Roc des Monges et les circuits balisés de Saint-Sozy dont un petit guide au prix modeste est depuis peu disponible.

Ce tourisme vert vous ravira, vous prendrez possession du paysage par une conquête pacifique des chemins ancestraux encore bordés des grands châtaigniers plantés sous le Roi Soleil et dont les fruits devaient éviter la disette.

En effet quoi de plus bête que la marche à pied : poser un pied devant l’autre mais ceci sans jamais quitter le contact avec la terre, contact véritable qui suivant la nature des sols sera dur et heurté comme sur nos causses calcaires ou plus souple sur les terres plus douces de la vallée de la Dordogne, chocs répétés faisant vibrer et s’endurcir tout votre être.

Mais un autre tourisme moins populaire et qui ferait hurler par son individualisme nos anciens Francs et Franches Camarades de l’île de La Borgne a commencé à prendre possession de ces terres. Ces touristes fréquentent exclusivement nos routes récemment goudronnées et comme l’écrivait déjà Claude Michelet en 1975 parlant du chemin qui passe devant sa ferme : « j’ai du mettre des panneaux Attention enfants ! pour que certains tocards du volant ne se croient pas aux 24 heures du Mans en passant devant chez nous ». La plupart des nouveaux qui montent sur Mayrac ne connaissent pas Le Mans et les compteurs de leurs automobiles sont étalonnés en miles terrestres ce qui les fait rouler à 80 kilomètres à l’heure lorsqu’ils lisent 50 au dessus de leurs volants placés à droite. Leurs contacts avec la terre se limite trop souvent à «a good little acre» soit un demi hectare avec un ancien bâtiment dont le prix d’achat en 2005 équivaut à 4 fois la valeur d’il y a 10 ans. Les fermes et granges continuent à flamber par leurs prix de vente et aucun «canadair» ne résoudra ce problème, la spéculation sur ces terres encore agricoles a commencé au détriment des futures générations d’agriculteurs.
Et si les mares ont été comblées car désignées comme dangereuses par leurs serpents et insectes, les nouveaux arrivants creusent des piscines grillagées ou l’eau chaude remplace les bains si vivifiants de notre Dordogne.
Nos chemins ruraux traversent bien souvent ces petits arpents où ces étrangers sont venus retrouver la quiétude que leurs pays ont depuis longtemps perdue, passer devant ou à l’intérieur de leur nouveau territoire, « leur ferme » toute transformée en habitations, est vécu par eux comme une effraction. Le petit chemin rural se retrouve alors souvent obstrué relançant de vieilles querelles de voisinage depuis longtemps endormies par disparition naturelle des protagonistes.
Il n’y a pas que ce patrimoine collectif des chemins, richesse future d’un tourisme sportif, populaire et de contacts avec la terre et ses paysans qui devrait en souffrir, bientôt les territoires de chasse, les horaires des labours et les épandages naturels seront eux aussi mis en cause par les nouveaux dont les problèmes de la campagne ne sont pas leurs premières préoccupations.

Cette petite commune de Mayrac dont les habitants ont toujours trouvé des solutions collectives pour conserver à leurs terres une destination agricole deviendra t’elle une banlieue ou même une nouvelle base de loisirs de plus de 150 hectares ou l’eau du Grangié irriguera alors de verts « greens » et des parcours aseptisés ou tout mycélium sera détruit par les engrais à gazon « per la petita palma ronda ».

Mais bientôt en 2007, venus d’un autre plateau situé au nord ouest, des bruits assourdissants et des flammes rouges déchireront nos nuits noires étoilées. Des gros porteurs ailés chargés des nouveaux touristes envahiront l’espace aérien et les subtiles senteurs de la nuit se chargeront d’une odeur lourde de kérosène.


François Yronde

Légende de la photo : Un petit arpent vert au milieu des champs brûlés par l’été.

Paisan as dreit a la parola, Parla ! , brave piots arrestetz lo çaganh

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: yronde (Adresse IP enregistrée)
Date: mar. 1 novembre 2005 22:05:18

René Yronde avait commencé en 2001 a écrire ses Souvenirs par un premier article ayant pour titre « On comble les mares adieu rainettes et libellules bleues» y compris « sa » mare de Lascoux, je commencerai ces chroniques du vingt et unième siècle par :

Les mares sont comblées, on creuse des piscines,
on obstrue les passages.

Adieu chemins ruraux !

Comme bien des nuits avant, le ciel de cette soirée d’août s’annonçait constellé d’étoiles, toujours aucun orage porteur d’une averse salvatrice. La température ayant fraîchi, le grand orchestre des petits insectes noirs entonnait comme tous les soirs son chant d’amour faisant vibrer inlassablement les rugueuses élytres. Pourtant ce soir un autre leitmotiv plus mécanique dont les vagues sonores montaient du grand champ accompagnait les grillons. Des milliers de gouttes d’eau jouaient des claquettes sur les larges feuilles chaudes de tabac. Gérard venait d’ouvrir la vanne d’arrosage et le flot du château du Grangié allait enfin rafraîchir cette terre encore brûlante et favoriser la croissance des pieds ébourgeonnés.
Depuis 1981, les terres de Mayrac, et des communes proches bénéficient grâce à l’association syndicale d’irrigation de près de 400 mètres cubes d’eau par heure pour l’arrosage de plus de 250 hectares de cultures. Sans cet immense réseau et son réservoir situé à 325 mètres, cette commune agricole aurait perdu ses agriculteurs. Pourtant cette année Gérard ne fait plus de maïs, le prix de vente a trop chuté, divisé par quatre en vingt ans alors que le litre de gasoil augmente sans cesse. Il a donc quelques hectares de tabac et le fourrage d’hiver pour les agneaux et les moutons; même la luzerne, avec la sécheresse, a bien du mal à pousser. Ses agneaux restent maigres comme les cultures non arrosées. Il envisage pour les années à venir, si ce très chaud et sec climat persiste, d’adopter des moutons à lunettes noires plus résistants ; mais pour pouvoir les reconnaître une puce électronique implantée sous leur peau sera bientôt obligatoire, une tracasserie technique supplémentaire.
Sur ce plateau de nombreuses fermes se retrouvent année après année sans maître ni capitaine, l’une d’entre elles située à Chapelle a été rachetée récemment. Trois vaillants couples de jeunes hollandais et hollandaises l’ont remis en culture et après avoir aussi déboisé, ils ont semé et récoltent uniquement de la luzerne. En effet deux grands bâtiments neufs reconnaissables à leurs couvertures métalliques et non en « éverite » abritent près de 500 caprins. Si ces nouveaux fermiers sont d’origine étrangère le lait de leurs chèvres porte lui l’appellation Rocamadour pour la fabrication de ces délicieux petits fromages ronds car la luzerne doit provenir exclusivement de ce terroir des causses et des plateaux. Ils envisagent de fabriquer eux même les Rocamadours pour ne plus seulement vendre le lait, mais l’investissement pour un labo aux normes Européennes est très important. En été des panneaux représentant une chèvre blanche vous guident à leur petit camping à la ferme proche des anciens bâtiments en pierre. Un de leurs champs de luzerne situé sur le Grand Chemin reliant le Pigeon à Pinsac par La Pierre Plantée a inspiré l’un de ces nouveaux paysans Lotois : il a installé un banc en lisière du bois pour faire profiter aux autres du magnifique panorama sur les causses, le Château de Mayrac et son église, Montvalent et son cirque. Faîtes comme moi montez-y à l’aube lorsque la vallée de la Dordogne encore paresseuse et frileuse se cache sous son édredon de nuages, le soleil à contre jour amplifie le relief des crêtes et vallons, réveillant par sa lumière délicate cette nature si contrastée. Ne soyez pas étonné d’y croiser des marcheuses bien chaussées, elles viennent d’abandonner leur maison de toile près de la ferme après un copieux « brunch » pour une randonnée qui les mènera jusqu’à Bazalque ou bien au Roc des Monges et les circuits balisés de Saint-Sozy dont un petit guide au prix modeste est depuis peu disponible.
Ce tourisme vert vous ravira, vous prendrez possession du paysage par une conquête pacifique des chemins ancestraux encore bordés des grands châtaigniers plantés sous le Roi Soleil et dont les fruits devaient éviter la disette.
En effet quoi de plus bête que la marche à pied : poser un pied devant l’autre mais ceci sans jamais quitter le contact avec la terre, contact véritable qui suivant la nature des sols sera dur et heurté comme sur nos causses calcaires ou plus souple sur les terres plus douces de la vallée de la Dordogne, chocs répétés faisant vibrer et s’endurcir tout votre être.

Mais un autre tourisme moins populaire et qui ferait hurler par son individualisme nos anciens Francs et Franches Camarades de l’île de La Borgne a commencé à prendre possession de ces terres. Ces touristes fréquentent exclusivement nos routes récemment goudronnées et comme l’écrivait déjà Claude Michelet en 1975 parlant du chemin qui passe devant sa ferme : « j’ai du mettre des panneaux Attention enfants ! pour que certains tocards du volant ne se croient pas aux 24 heures du Mans en passant devant chez nous ». La plupart des nouveaux qui montent sur Mayrac ne connaissent pas Le Mans et les compteurs de leurs automobiles sont étalonnés en miles terrestres ce qui les fait rouler à 80 kilomètres à l’heure lorsqu’ils lisent 50 au dessus de leurs volants placés à droite. Leurs contacts avec la terre se limite trop souvent à «a good little acre» soit un demi hectare avec un ancien bâtiment dont le prix d’achat en 2005 équivaut à 4 fois la valeur d’il y a 10 ans. Les fermes et granges continuent à flamber par leurs prix de vente et aucun «canadair» ne résoudra ce problème, la spéculation sur ces terres encore agricoles a commencé au détriment des futures générations d’agriculteurs.
Et si les mares ont été comblées car désignées comme dangereuses par leurs serpents et insectes, les nouveaux arrivants creusent des piscines grillagées ou l’eau chaude remplace les bains si vivifiants de notre Dordogne.
Nos chemins ruraux traversent bien souvent ces petits arpents où ces étrangers sont venus retrouver la quiétude que leurs pays ont depuis longtemps perdue, passer devant ou à l’intérieur de leur nouveau territoire, « leur ferme » toute transformée en habitations, est vécu par eux comme une effraction. Le petit chemin rural se retrouve alors souvent obstrué relançant de vieilles querelles de voisinage depuis longtemps endormies par disparition naturelle des protagonistes.
Il n’y a pas que ce patrimoine collectif des chemins, richesse future d’un tourisme sportif, populaire et de contacts avec la terre et ses paysans qui devrait en souffrir, bientôt les territoires de chasse, les horaires des labours et les épandages naturels seront eux aussi mis en cause par les nouveaux dont les problèmes de la campagne ne sont pas leurs premières préoccupations.
Cette petite commune de Mayrac dont les habitants ont toujours trouvé des solutions collectives pour conserver à leurs terres une destination agricole deviendra t’elle une banlieue ou même une nouvelle base de loisirs de plus de 150 hectares ou l’eau du Grangié irriguera alors de verts « greens » et des parcours aseptisés ou tout mycélium sera détruit par les engrais à gazon « per la petita palma ronda ».

Mais bientôt en 2007, venus d’un autre plateau situé au nord ouest, des bruits assourdissants et des flammes rouges déchireront nos nuits noires étoilées. Des gros porteurs ailés chargés des nouveaux touristes envahiront l’espace aérien et les subtiles senteurs de la nuit se chargeront d’une odeur lourde de kérosène.


François Yronde

Légende de la photo : Un petit arpent vert au milieu des champs brûlés par l’été.

Paisan as dreit a la parola, Parla ! , brave piots arrestetz lo çaganh

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: yronde (Adresse IP enregistrée)
Date: mar. 1 novembre 2005 22:13:49

Bonsoir,

cet été à Lascoux (Mayrac) j'ai commencé "un combat" avec mon nouveau voisin Anglais : il a fait réalisé la construction d'une enorme piscine avec terrasse , mur , (jardin arrosé pendant la période de restriction d'eau), evidemment aucun permis pour tout ça et maneuvres anglais sur chantier roulant comme des malades.
J'ai même installé des ralentisseurs (planches de noyer!) devant chez moi après avoir faillit me faire ecraser , c'est le livreur de tonneaux de bieres qui a foncé dedans comme un con d'anglais! ce soir la à minuit plus de bruit j'ai effectivement fait peter des enormes petards (aussi bruyant qu'une cartouche . . . ) mon anglais compte amenager sa grange pour réaliser 2 ou 3 gites "ruraux" , je pense encore l'emmerder autant que je pourrai . . .

François

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: Marc LAFEUILLE (Adresse IP enregistrée)
Date: mer. 2 novembre 2005 13:37:39

Cher Monsieur,

Par où commencer ? Par quoi commencer ?

Par le plus simple sûrement. Donc voila :

J'habite Bordeaux. Je suis marié avec 2 enfants.
Mes grands parents, arrières grand parents (sûrement) sont enterrés dans le Lot que je considère comme MA terre.
A chaque fois que j'y viens se ne sont qu'émotions renouvelées.
Il y a de longues années maintenant, mes parents ont du se séparer d'une maison qu'ils avaient à Saint Denis Les Martel. Ce fût un déchirement pour moi car j'ai eu le sentiment à ce moment là de perdre un peu de mon âme. Mais la vie de famille est ainsi faite.
Depuis toujours, je passe mes vacances dans le Lot. C'est le moindre que je puisse faire. Comme y faire venir ma famille, mes amis. Mes enfants ont grandi et couru sur les bord de la Rivière Espérance. Et aujourd'hui, alors qu'ils ont 22 et 24 ans, il est pour eux inconcevable de ne pas venir au moins passer 15 jours à Creysse.
Nos finances ne peuvent pas nous permettre d'acquérir une maison là bas et c'est donc au camping de Creysse que nous nous installons, le plus possible au bord de l'eau. Notre règle première est de faire travailler les gens d'ici. Nous achetons tout sur place et autant que faire se peut, nous allons le plus souvent au restaurant avec amis et famille ou alors dans les fermes auberges.
Depuis des années je vois beaucoup de choses se passer dans mon pays. Des choses tristes la plus part du temps. Il serait fastidieux et surtout vain de toutes les raconter ici. Car nous les connaissons tous ces histoires qui tuent à petit feu notre région.
Toutefois, je vais vous en relater une qui est bien significative.
Tous les ans, avec des amis d'autres régions de France qui comme moi passent leurs courtes vacances dans le Lot depuis des années, nous prenons un permis de pêche. Lorsque vous êtes à Creysse, sur les bords de la Rivière, il y a à droite en descends, une maison achetée par un Parisien. Cette personne, non contente tous les ans de faire venir les gendarmes afin de déposer plainte contre les gens qui font du bruit soit au camping, soit lors des fêtes locales, n'a toujours pas aménagé un passage pour les pécheurs et promeneurs sur les bords de la rivière alors que la LOI l'y oblige. La LOI c'est lui !
Nous avons avec des amis fait une pétition que nous avons fait suivre à la fédération de pêche afin que des mesures soient prises. Savez vous ce qui s'est dit lors d'une des réunions au comité régional avec le président de St Sozy ???
On s'en fout des touristes et on va pas s'emmerder pour des gens qui ne viennent que 15 jours par an !!!
Voila. Comment voulez vous que des gens comme nous continuions à avoir confiance dans les "locaux" face à de telles situations ?
Comment pensez vous que moi je puisse réagir avec mon sang Lotois dans mes veines quand tout au long de l'année je parle de mon pays en engageant les gens à y venir ?
Comment continuer à supporter sur les marchés, des vendeurs qui se prétendent des producteurs alors qu'ils ne font que revendre des produits industriels de mauvaise qualités. Et ça au vu et au su des VRAIS producteurs qui ne disent rien ?
Comment ne pas comprendre le touriste occasionnel de n'aller que dans les grandes surfaces pour acheter de la "mal bouffe" ?
Etc., etc., etc. ...
Voila un extrait de ce que nous, les "occasionnels" (malheureusement) nous ressentons et vivons durant 3 semaines par an.
Il y a beaucoup de choses à changer pour revenir à des valeurs vraies que tout le monde attend.
Dernière chose. Un ami, touriste depuis plus de 40 ans dans le coin, a essayé il y a quelques années, en tant qu'artisans ébéniste de s'installer du côté de Martel. Pour cela il a rencontré le Maire. Logique. Que n'a t il entendu !!! Tout, oui TOUT a été mis en oeuvre pour le décourager de venir s'installer là où il avait envie de finir ses jours! Là où il pensait contribuer à développer avec ses armes l'économie locale. Construire une maison, faire travailler les artisans locaux, les commerçants. De guerre lasse il n'est pas venue s'installer et continue comme nous à prendre sa petite caravane pour "vivre au pays" 3 semaines par an ! Je ne sais pas si l'accueil aurait été le même s'il avait été Anglais !!?? Permettez moi d'en douter.
Alors aujourd'hui que faire pour redresser la barre ? Il est à mon sens encore temps, mais pas simple, je vous l'accorde.
Allez, à bientôt, puisque nous envisageons de louer un gîte rural avec 4 couples pour passer les fêtes de fin d'année. A Meyronne justement ... si je trouve l'adresse du logis nouvellement ouvert juste en face du camping de Creysse.
Amicalement.


Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: philippe (Adresse IP enregistrée)
Date: lun. 7 novembre 2005 15:28:46

Je suis un ancien Lotois ayant habite pendant 25 ans a Souillac
Pour des raisons professionnelle je suis parti a Lyon
Je viens voir ma famille 3 a 4 fois par an
Et ce que je trouve anormale c’est de voir l’abus des prix sur l’achat de maison presque aussi cher que dans la région Lyonnaise.
De plus il ne faut pas s’étonner que les jeunes du pays ne puisse pas investir dans le logement et de ce faite ne reste pas .
Il ne reste pas non plus a cause du manque de travail .
En conclusion je dirai simplement tant qu’il n’y a pas plus d’emploi que cela dans la région.
Il faut laisser les anglais les hollandais et autres acheter(pas aussi cher)
dans nos région car cela permet a de petit village de revivre. et en plus il dépense leur retraite chez nous

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: Bil (Adresse IP enregistrée)
Date: mer. 12 avril 2006 14:48:48

Bonjour,

Il faudrait trop de temps pour définir le malaise que nous éprouvons, nous les lotois d'origine, devant cette fuite de notre patrimoine et de nos valeurs.
Nous sommes occitans, poètes dans l'âme et plutôt tolérants depuis des siècles, et nous ne serons jamais corses ou basques car nous voulons toujours croire aux qualités de l'homme... Que nous sommes naïfs !!!
Aujourd'hui, nous devons partager nos moments quotidiens avec des personnes de toute nationalité qui ont choisi notre région parce qu'elle est belle, agréable et conviviale. Eh, bien, tan melhor ! Mais elle n'est pas là que pour eux !
Merde à la fin pour ces gens qui ne comprennent pas notre manière de vivre avec notre envie de faire la fête et plusieurs fois pendant l'été... et qui supporteraient bien qu'on oublie de faire la fête votive du village, et qu'on supprime complètement les cloches de l'église et qu'on abatte tous les animaux qui chantent, bèlent, meuglent, hennissent... (Mort aux mouches et aux moustiques) ! Et qui supporteraient aussi qu'on vive comme ils l'entendent et que ce soit nous qui changions nos habitudes pour leur être agréable. Mais, attention, un occitan en colère pourrait bien devenir un petit corse et décider d'empoisonner les vacances ou villégiatures des nouveaux lotois.
Et puis désolée pour toutes ces personnes, touristes ou non, qui choisissent notre département pour passer quelques moments agréables, si nous ne sommes pas toujours sympas avec eux et si nous mélangeons les "bons" et les "faux" amis du Lot... On ne sait plus tout le temps où l'on en est ! Mille excuses.

Et encore autre chose : si les paysans lotois n'avaient pas vendu (et bien depuis quelques années) leur maison ou grange à des anglais, les jeunes auraient les moyens de s'installer, enverraient leurs enfants dans nos petites écoles communales, demanderaient à l'artisan du coin de rénover leur maison, iraient acheter leur pain au village et prendre l'apéritif au bistrot du coin en compagnie de leurs voisins...
Quelle douce vie toute simple !

Cordiales pensées de Creysse en Quercy

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: vincent (Adresse IP enregistrée)
Date: mer. 17 mai 2006 11:56:37

Bonjour, je viens en voisin, je suis périgordin.
Je suis tombé sur ce post par hasard.
Nous connaissons les mêmes problèmes que chez vous ( en pire peut-être).

Mais je trouve que certains y vont un peu fort avec nos amis d'outre-manche ou bataves.
I_ Ce ne sont pas les anglais ou hollandais qui font grimper les prix de l'immobilier, mais bien les vendeurs (souvent agriculteurs) et les promoteurs.Bien contents de se remplir les poches.

2_ Ils ont fait revivre nombre de villages et vieilles bâtisses à l'abandon. Ils respectent l'architecture locale et font souvent les choses avec goût, Contrairement à bon nombre de français qui préfèrent des maisons clé-en-main, ou font des rénovations bien souvent moches, ou des trucs à la mode méditerranéenne.

3_ Nos élus locaux préfèrent privilégier un tourisme de masse, peu contrôlé et nuisible à long terme, avec un fort impact sur l'environnement, la culture et l'économie locale.Le tourisme il n'y a plus que ça qui compte pour eux ! Mais le tourisme ne crée pas d'emploi pour tout le monde ! Il faut étendre le champ de possibilités d'emploi (service à la personne, patrimoine, culture, environnement,petite industrie de pointe etc...) pour faire rester les jeunes au pays !

4_ Les agriculteurs (qui ne sont plus paysans malheureusement) sont poussés au productivisme. Le mode de culture ou d'élevage est peu adapté à notre environnement et est très pollueur. La "nature" leur appartient et ils se foutent du reste (pour la plupart). Chacun à sa petite décharge au détour d'un bois.
Pour eux tout le reste est fallacieux et téléguidé par ces "putains d'écolos".
ça ne les gêne pas de construire d'affreux hangars en taule et couverts d'everit, de raser une grange en lauzes pour faire un tunnel à veaux et de polluer le ruisseau en bas du coteau.

Je pourrais en rajouter un peu sur les chasseurs (qui ne chassent plus que la cocotte ou le sanglier et qui se croient chez eux partout), les proprios de camping et leurs mobil-homes, les parisens et leurs goût de chiottes et leurs barrières blanches, les panneaux publicitaires, les "Machintrucland" qui fleurissent...
enfin...bref
Il faut garder espoir, rester conscient et ouvert, se cultiver et lutter contre la connerie qui nous envahit.


Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: José BONEN (Adresse IP enregistrée)
Date: mar. 25 juillet 2006 17:02:24


Messieurs les "autochtones"

Vous avez par pur interet finacier, vendu le patrimoine de vos ancetres.
Mais pas seulement; vous avez vendu votre AME....

au Diable (Anglais ou Inestisseurs); alors aujourd'hui ne soyez pas surpris de vous retrouver aux porte de .......l'Enfer !!!

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: ND (Adresse IP enregistrée)
Date: lun. 23 octobre 2006 11:23:38

J'ai lu avec une certaine attention ces divers messages.

A l'exception de quelques remarques "extrêmes", je remarque que beaucoup d'entres nous partagent les mêmes opinions et suis globalement en accord avec les messages de Marc Lafeuille, Bil et Vincent.

Si certaines conditions de vie, comportements et us et coutumes se dégradent, ce n'est certainement pas du fait d'une catégorie de population (que ce soit des parisiens, des anglais, hollandais, des anciens ou nouveaux lotois), mais tout simplement d'êtres humains qui ne respectent pas autrui et environnement.
Ne généralisons pas, il ya des C... partout, sinon on devient forcèment et rapidement xénophobes.

Pour ma part, Normand d'origine et habitant en région parisienne, nous avons choisit de faire construire notre petite villégiature estivale proche de la vallée de la Dordogne Lotoise.
Nous n'avons aucune racine pour cette région, mais un simple engouement après avoir y passé plusieurs vacances.

Bien-sûr, il faut respecter les habitudes et conditions de vie des Lotois mais également admettre et accepter que l'essor économique du Lot provienne d'un accroissement touristique réfléchit.
Oui à ce que les nouveaux arrivants respectent cette région,
Oui à ce que les Lotois comprennent l'intérêt de cette mutation pour eux et leur propre famille.

Si nous faisons construire notre petite résidence secondaire, ce n'est certainement pas pour défigurer cette nature ou imposer nos idées et mode de vie mais bien profiter des atouts de ce département (tranquilité, nature, gastronomie, patrimoine, vie locale, échanges, climat...).
A chacun également de faire un minimum de compromis afin que nous puissions vivre en harmonie. Il est vrai que le respect d'autrui, la tolérance, la moralité et la politesse ne semblent plus les premières qualités humaines.

Enfin, que certains sachent qu'à chaque fois que nous "descendons" dans le lot, oui nous faisons nos courses au commerce local (vin locaux, Rocamadour, Croustilot)
oui nous faisons également nos courses dans les supermarchés de Martel et de Gramat, et alors ?

Re: Meyronne perd son âme
Envoyé par: trollgris (Adresse IP enregistrée)
Date: ven. 22 juin 2007 21:27:09

Et beh! moi qui suis sensible au charme de votre région et qui défend le fait que les Lotois sont très accueillants, là... je suis choquée par certains propos très durs tenus ça et là par des autochtones hargneux contre des néo ruraux qui n'ont rien fait d'autres que de répondre aux offres de vos concitoyens. Les moindres petits biens immobiliers sont devenus inachetables dans une foule de régions pour les petits budgets. Je le regrette pour moi même qui rêve d'une maisonnette de pierres sèches sur un causse ou une simple gariotte. Mais expliquez moi une chose: avant que ces "envahisseurs" viennent polluer votre vie et lorsque les petites granges ne valaient encore rien, pourquoi vos jeunes ne les ont pas achetées????
Bien entendu, il y a des personnages qui ne respectent rien, mais aussi bien des français, que des anglais ou des lotois, il ne faut pas noircir le tableau. Nombre de néo ruraux renoncent à tant de choses par amour pour vos régions et y apportent leur âme!
Certains propos rappellent ceux franco français tenus vis à vis de populations étrangères que l'on a bien aimé voir venir faire ce que l'on ne voulait pas faire nous mêmes et dont on aimerait se débarrasser aujourd'hui!
Ce n'est pas cette image que je voudrais conserver des ruraux que je respecte.
Pour empêcher le Lot de mourir, soyez plutôt ouverts et aimables et on ne viendra pas uniquement pour vos paysages, vos gîtes chez des anglais, mais aussi et surtout parce qu'il fait bon vivre à vos côtés!!!
Une bretonne exilée en normandie amoureuse du Lot (et de la terre)



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