derriere l'ecranSujet : derriere l'ecran Auteur : Joseph.Saint-Pierre (at) cict.fr (Joseph Saint Pierre) Groupes : toulouse.seminaires Date : 08 Nov 2010, 10:42:50 Message-ID : <wur5ewrw11.fsf@oceane.cict.fr> Bonjour. Je vous conseille une rencontre avec Nicolas Séné (journaliste indépendant, spécialisé dans les questions sociales) qui aura lieu Mardi 9 novembre à 19h Librairie Terranova 18 rue Gambetta 31000 Toulouse http://www.librairie-terranova.fr/event.php#266 À l'occasion de la parution de son livre, "Derrière l'écran de la révolution sociale", Editions Respublica, 2010. Ce livre s'attaque à un phénomène encore largement ignoré : la précarisation des cadres. Dans un secteur que l'on croyait favorisé : celui des SSII, les Sociétés se service en ingénierie informatique. Le statut de cadre, longtemps priviligié, subit depuis quelques années une dégradation sans précédent. Conditions de travail, salaires, management, tout y passe : les ingénieurs informaticiens sont devenus aussi précaires que les ouvriers ou les intérimaires. Leur niveau d'étude et leurs diplômes ne font plus le poids face aux diktats de rentabilité des actionnaires et à la gestion cynique des managers. Cette main-d'oeuvre corvéable à merci est très mal organisée au niveau syndical; elle subit donc de plein fouet les conséquences de la remise en cause du Code du Travail. Le livre est le résultat d'une enquête d'environ deux ans chez les sous-traitants d'Airbus (Cap Gemini, Assystem, etc.). Ce qui est démontré comme une révolution dans les relations sociales en entreprise est appuyé par une multitude de témoignages d'ingénieurs informatiques. Plus d'informations sur le site: http://revolutionsociale.wordpress.com/ Un extrait édifiant: == Je reviendrais ici sur un seul argument du communiqué de presse : la "politique de ressources humaines qui leur confère un appréciable équilibre de vie personnelle". S'il y a bien un point faible commun à toutes les grandes SSII, c'est bien les ressources humaines (RH). Il faut savoir qu'elles n'ont pas ou peu d'équipe RH en région. Leur politique même de gestion en la matière est bien singulière : les ingénieurs informatique ne sont pas dirigés par d'autres techniciens encore plus compétents, mais par de simples commerciaux. Enfin, dites "manager". Car, à Cap Gemini, on aime manier l'anglais pour apporter une touche de modernité là où il n'y a que pur archaïsme social. Vous comprendrez aisément que ce "manager" qui gère son portefeuille d'ingénieurs (c'est le vocable des SSII) n'a pas les compétences technologiques nécessaires pour mettre en adéquation le bon technicien avec le bon projet. Comme ce commercial a aussi droit de vie et de mort sur la carrière de l'ingénieur et qu'il n'est pas rompu à la législation sociale, vous vous doutez bien que les relations sociales sont biaisées. La meilleure preuve est le petit nom que donnent les ingénieurs à leurs commerciaux : les "marchands de viande". Tout est dit ! == Très cordialement. -- Joseph Saint Pierre http://cict.fr/~stpierre
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