~ Cent le baril ! ~Sujet : ~ Cent le baril ! ~ Auteur : gabriel.balletABOLI (at) BIBELOTfree.fr (Aboli Bibelot) Groupes : toulouse.culture, toulouse.petites-annonces.autres, toulouse.politique-urbaine Date : 11 Jan 2008, 22:30:40 Message-ID : <fm8n5i$2cd$1@news.cict.fr> Sans préambule, Ce samedi 12 janvier est prévue, à partir de 14h30 sur l'esplanade devant le magasin Virgin à Toulouse (rue Alsace-Lorraine, station métro Capitole), une action collective organisée par les associations Toulouse-Décroissance et Chiche! pour "fêter", dans un esprit provoca(lisa)teur et ironiconoclaste, mais néanmoins très sérieux, le franchissement symbolique du seuil de 100 dollars pour un baril de pétrole brut ; un rassemblement simple, pacifique, joyeux (du moins espérons-le !), où, devant un authentique baril et quelques affiches, seront chantées des parodies de chansons bien connues (je peux envoyer le fichier sur simple demande) en lien avec la dépendance au pétrole et l'urgence d'une modification profonde de nos modes de vie. Ceux qui se sentent concernés et/ou intéressés, de près ou de loin, n'habitant pas trop loin et étant disponibles ce jour-là, sont les bienvenus. Les autres, envoyez-moi des sous, plein, j'en ai besoin pour acheter le 4x4 de mes rêves et faire des réserves de SP98 ! ;^D http://decroissance.vspider.net/ http://chiche.ouvaton.org/toulouse/ G.B. ~ Cent le baril ! ~ C'est chaque jour avec angoisse Que les analystes lisaient Le chiffre qui portait la poisse Dans le journal télévisé. Quand ils affirmaient pleins d'emphase : « Sitôt qu'il franchit 100 dollars Notre économie se déphase ! » Nous étions déjà rigolards... Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Tout à coup la nouvelle tombe : « Ca y est c'est sûr, susurre-t-on, Le brut à 100, c'est une bombe, Faisons prier nos curetons ! » Citoyennes z'et citoyengs, Sauf quelques joyeux allumés, Pensaient : « Comment ferons-nous l'pleing Quand tout s'ra parti en fumée ?! » Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Le chef de l'état, magnanime, Promettait des subventi-ons Pour tous ceux dont le patronyme Était de blanche extracti-on, Déclarant dans France-Dimanche : « Ce n'est pas que l'on vous punit Mais il faut montrer patte blanche ! » Pourtant le bougre avait Bruni... Sang le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Ceux qui jusque là n'avaient cure, Se moquant du cours du pétrole Comme de leur premièr's chaussures, Eurent soudain des auréoles Sous les bras, mouillèr'nt leur culotte. Contrairement à ces couillons Que la peur fait pisser, nous z'aut'es C'est d'extase que nous mouillons... Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Pour sûr, lire ça en gros titres A tous les kiosques z'à journeaux, C'est dur après vos orgies d'huîtres De foie gras z'et de bigorneaux. C'en est fini de l'opulence, Il va falloir admettre enfing Que le dogme de la Croissance Repose sur du sable fing... Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... « Bah ! on va bien trouver aut' chose, Nos impôts vont à ces chercheurs : Attendons d'voir c'qu'ils nous proposent, Et pensons z'à la chandeleur. » Oui mais les chercheurs sont bredouilles, L'or noir est sans équivalent, A moins peut-être que la houille Ne vienne aggraver le bilan... Sens le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Supposez que vous puissiez vivre Heureux z'en étant t'économes ? La nouveauté qui vous énivre Fait de vous des veaux, non des hommes. « Ma voiture est aux trois-quarts bonne ! », Dis-tu, croyant fuir le troupeau ? Mais mon vieux, tu fais du carbone Rien qu'en bouffant du boeuf de Pau ! Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... Si par malheur la pénurie Venait nous prendre au dépourvu Grondrait alors une furie Telle qu'on n'a pas z'encor vu. Aussi changeons nos habitudes De plein gré, prenons du recul, Sinon la douleur sera rude Quand nous l'aurons tous dans le cul... Cent le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... La suite à chacun de l'écrire Par ses actes, sa volonté ; Choisissons d'éviter le pire, Exerçons notre liberté. C'est cela qui nous rendra dignes Du prix que nous nous arrogeons : Nous, l'espèce la plus maligne, Ne vivons plus en sauvageons... Sans le bariiiii-iiiii-iiiiiiileuh !... G.B., 2008.01.07, d'après « Le gorille » de Georges Brassens, 1952
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