Souillac sur Dordogne, en Quercy-Périgord

Google
 
Web  Souillac.NET 
   
 

recensement 2006.

[toulouse.politique-urbaine]

Sujet : recensement 2006.
Auteur : Joseph.Saint-Pierre (at) cict.fr (Joseph Saint Pierre)
Groupes : toulouse.politique-urbaine
Date : 15 Jan 2009, 11:51:27
Message-ID : <wud4eoon9s.fsf@ondine.cict.fr>


 Bonjour

 La Dépêche du Midi a consacré lundi (9 janvier) un article aux résultats
du recensement de la poulation de 2006, cet article est consultable
sur Internet :

http://www.ladepeche.fr/article/2009/01/12/521689-Midi-Pyrenees-400-000-habitants-de-plus-en-7-ans.html

 J'ai écrit quelques commentaires rapides sur ce site, je pense que les
données du recensement et leurs interprétations ont un lien très
important avec la politique urbaine. Je me permets de vous faire
suivre ces commentaires.

 


 Je voudrais apporter quelques commentaires sur cet article. Il y a, à
mon humble avis quelques imprécisions. Dans l'ensemble des communes de
la deuxième couronne de l'agglomération de Toulouse figure Cugnaux
alors que la commune de Cugnaux touche celle de Toulouse, Cugnaux fait
bien partie de la première couronne, par ailleurs Saint-Lys et
Fonsorbes ne font pas encore partie de l'agglomération de Toulouse car
il y avait encore en 1999 discontinuité du bâti. La définition des
agglomérations et des aires urbaines correspond à des définitions
précises, l'agglomération de Toulouse était constituée en 1999 de 72
communes toutes dans la Haute-Garonne, l'aire urbaine comprenait 342
communes et s'étalait sur 6 départements et 2 régions. Dans l'article
les deux notions ne sont pas vraiment distinguées, les aires urbaines
sont définies à partir des déplacements. Une liste de communes de
l'aire urbaine sont citées comme étant hors de la Haute-Garonne mais
la première citée est Auterive qui se trouve bien dans ce département.

 Le recensement qui est diffusé actuellement est celui de 2006, mais
l'article donne l'accroissement de population pour la période entre
1999 et 2007, je n'ai pas trouvé les chiffres de 2007 et je n'ai pu
comparer les chiffres mais par contre j'ai calculé la progression de
tous les départements entre 1999 et 2006 et sur cette période
contrairement à ce qui est écrit la Haute-Garonne n'est pas en tête
pour le taux de progression démographique mais en troisième position
derrière la Guyane et la Corse du Sud. Par contre la Haute-Garonne
est en tête pour la valeur absolue de l'accroissement 139 992.

 L'expression "l'aire urbaine de Toulouse avec plus de 800 000
habitants" est imprécise car en 1999 l'aire urbaine de Toulouse
comptait déjà 964 797 habitants, les 342 communes de l'aire urbaine de
1999 ont en 2006 une population de 1 103 319, en 1999 l'agglomération
de Toulouse comptait 761 090, en 2006 les 72 communes de cette
agglomération ont une population de 850 873. Les données du
recensement de 2006 devraient modifier et très vraisemblablement
étendre les limites tant de l'agglomération que de l'aire urbaine. La
commune de Fonsorbes qui ne faisait pas partie de l'agglomération de
Toulouse en 1999 pourrait en faire partie en 2006 en raison de
son très fort accroissement de population si celui-ci a entraîné
une continuité urbaine avec Plaisance-du-Touch par exemple.

 Je voudrais apporter un commentaire plus complexe sur la comparaison
de croissance entre communes de population très différentes, il est
sans doute juste de noter que des communes de faible population ont
des taux de croissance plus importants que les communes plus
importantes, mais il est plus difficile d'obtenir des taux importants
dans des villes importantes avec forte densité, un taux de croissance
comme celui de Fonsorbes aurait donné une augmentation de 200 000
habitants environ pour Toulouse. Il est très bizarre de parler du
ralentissement de la croissance de Colomiers entre 1990 et 1999;
Colomiers avait eu une croissance de 5,46% ce qui correspondait à une
croissance annuelle de 0,63% alors que cette croissance est passée à
1,70% pour la période de 1999 à 2006 cela est similaire pour Toulouse
la croissance démographique est passée de 0,94% par an entre 1990 et
1999 à 1,65% entre 1999 et 2006. Par comparaison Fonsorbes est passé
pour les deux périodes d'un taux annuel de 5,54% à 6,01%. Dans le
même ordre d'idée il est écrit que le ralentissement est moins
sensible à Tournefeuille alors que cette commune passe d'un
accroissement annuel de 3,52% de 1990 à 1999 à 1,61% de 1999
à 2006, cela correspond à une forte décélération.

 Si les grosses communes ont des taux de croissance plus faibles que
de nombreuses petites communes il y a globalement une variation du
taux d'accroissement des grosses communes une réelle inflexion des
tendances précédentes.  De plus certaines petites communes de
l'agglomération ayant connu des accroissements phénoménaux lors des
recensements précédents connaissent des stagnations voire des baisses
comme Auzielle avait connu un accroissement de 144% entre 1975 et
1982, entre 1999 et 2006 sa population baisse de 11,55%. De manière
générale les variations sont plus importantes dans les petites
communes, c'est une forme particulière de la loi des grands
nombres. Dans une grande commune comme Toulouse il peut y avoir des
quartiers connaissant des accroissement importants, comme Borderouge
et d'autres des baisses de population (Mirail ?) ces variations tendent
à se compenser en s'ajoutant sur un vaste ensemble.

 Sur l'ensemble de l'aire urbaine il y a un resserrement des taux de
croissance il y a une meilleure répartition de celle-ci, moins de
valeurs extrêmes. Il peut aussi être intéressant de regarder
l'évolution démographique sur une plus longue période, certaines
communes de l'aire urbaine éloignées de Toulouse et connaissant une
forte croissance démographique constatée lors des deux derniers
recensements de 1999 et 2006 ont connu par le passé de très fortes
baisses démographiques, certaines n'ont pas retrouvé la population
qu'elles avaient dans le passé; par exemple Montesquieu-Volvestre a
connu une assez forte croissance récente passant de 2117 habitants en
1990 à 2314 en 1999 puis à 2660 en 2006 mais reste assez loin des 4119
habitants qu'il y avait dans la commune en 1861. Si on regarde
l'évolution entre 1866 et actuellement de la population de l'aire
urbaine de Toulouse (1999) on constate une très forte augmentation
globale, de 343 000 habitants environ à plus de 1 100 000, et un
changement très important de la répartition les 270 communes hors de
l'agglomération représentaient 51% de la population l'aire avec 175 000
habitants, la commune de Toulouse avec 127 000 habitants représentait
37% et l'agglomération sans Toulouse seulement 12 % avec 41 000
habitants. En 2006 la commune de Toulouse rassemble environ 40% des
habitants, l'agglomération sans Toulouse 37% et le reste de l'aire
urbaine 23%, sur un assez long terme la population s'est concentrée
sur la ville et surtout sa proche banlieue. Je n'ai pas eu le temps de
regarder en détail les chiffres de la région mais une simple calcul
montre que la part de la commune de Toulouse et son agglomération dans
la population régionale a encore augmenté.
 
 Pour écrire ces petits commentaires j'ai utilisé les données
disponibles sur le site de l'INSEE, http://www.insee.fr/, sur l'excellent
site du SPLAF http://splaf.free.fr/ et sur le très riche site
http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/index.htm

 J'avais écrit un petit document sur les données démographiques de
l'agglomération toulousaine pour des doctorants des universités
toulousaines pour leur apprendre à se méfier de l'usage des
statistiques. Ce document est disponible sur ma page web, je compte le
reprendre lorsque seront connues les nouvelles limites des
agglomérations et aires urbaines après le recensement de 2006
http://cict.fr/~stpierre/agglo.pdf

 Très cordialement.

--
Joseph Saint Pierre
http://cict.fr/~stpierre


Date Sujet  Auteur
15.01.09 o recensement 2006.Joseph Saint Pierre